Sur un terrain en pente, un mur de soutènement permet de retenir les terres et de gagner des surfaces planes. C'est pourtant un ouvrage exigeant, qui subit en permanence la poussée du sol et de l'eau. Voici quand en construire un, quelles techniques existent et quelles règles respecter.
Sur les coteaux de la vallée de l'Eure, de nombreux jardins sont en pente. Un mur de soutènement permet de :
Il se distingue d'un simple muret : il doit résister à la poussée des terres, qui augmente fortement avec la hauteur. C'est ce point qui guide le choix de la technique.
Le choix dépend de la hauteur à retenir, de la place disponible, de la nature du sol et de l'aspect recherché. Attention aux parpaings creux non armés : ils ne conviennent pas pour retenir des terres sur une hauteur importante. Sous la poussée, ce type de mur peut se fissurer, prendre du ventre puis basculer.
Un mur de soutènement repose sur une semelle de fondation dimensionnée selon sa hauteur, la nature du sol et les charges à reprendre. Elle est réalisée sur un sol stable, à l'abri du gel. Notre article sur le terrassement et les fondations en rappelle les principes.
La pression de l'eau accumulée derrière le mur est la première cause de désordres. Avec le climat humide de la Normandie, le drainage n'est jamais facultatif. Il associe :
La poussée des terres dépend de la hauteur, de la nature du sol et de la pente du terrain. S'y ajoutent les surcharges : une voiture garée en haut du mur, une construction ou une piscine à proximité. Dès que la hauteur devient importante ou qu'une surcharge est prévue, faites dimensionner l'ouvrage par un bureau d'études.
Le remblai derrière le mur se met en place par couches successives, une fois le béton suffisamment durci, en évitant de faire circuler des engins lourds trop près de l'ouvrage. Un remblai mal compacté finit par se tasser et peut entraîner des affaissements en surface.
En principe, le Code de l'urbanisme dispense les murs de soutènement de toute formalité. Il existe cependant plusieurs exceptions :
Le plan local d'urbanisme (PLU) peut aussi fixer des règles de hauteur ou d'aspect : renseignez-vous en mairie. Pour savoir quelle autorisation demander, consultez notre article déclaration préalable ou permis de construire.
Si le mur est construit en limite de propriété, prévenez votre voisin avant les travaux et vérifiez l'emplacement exact de la limite. En règle générale, le propriétaire qui modifie le niveau de son terrain, en creusant ou en remblayant, est responsable de la tenue des terres. Un accord écrit avec le voisin évite bien des litiges.
Vérifiez régulièrement que les barbacanes ne sont pas bouchées, en particulier avant l'hiver. Surveillez l'apparition de fissures, d'un ventre ou d'un basculement du mur : ces signes justifient un avis rapide.
Pas en parpaings creux non armés dès que la hauteur de terre devient importante. Les blocs à bancher, ferraillés et remplis de béton, sont une solution adaptée, à condition d'être correctement dimensionnés et drainés.
Un accès de garage implique le passage de véhicules, donc une surcharge importante. Un mur en béton armé ou en blocs à bancher, dimensionné par un bureau d'études, est en général la solution retenue.
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